
Je voudrais aujourd’hui ajouter ma petite voix à ce grand combat.
Mais avant d’expliquer un peu plus ce que signifie cette journée, Je vous propose d’écouter Aznavour dans ce beau plaidoyer : Le droit des femmes
De grandes causes sont encore à défendre et défendre les femmes c’est défendre le monde.
« Le monde est confronté à de nombreuses crises, qu’il s’agisse des conflits géopolitiques, de la forte recrudescence de la pauvreté, ou encore de l’aggravation des effets du changement climatique. Ces défis nécessitent des solutions qui renforcent l’autonomie des femmes. En investissant en faveur des femmes, nous pouvons susciter des changement et accélérer la transition vers un monde plus sain, plus sûr et plus égalitaire pour tous. »
(ONU FEMMES – Porte drapeau mondial des femmes et des filles.)
Revenons sur l’histoire de cette fête.
Les origines de cette journée internationale des droits de la femme remonte au XIXème siècle.
Aux Etats-Unis d’abord, en février 1909, avec une manifestation pour le droit de vote des femmes organisée par le Comité national de la femme du Parti socialiste américain. Alors le women’s day est organisé et sera célébré chaque année jusqu’en 1914.
En Europe, c’est à l’occasion de la deuxième Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, en 1910, que sera proposé par l’Allemande Clara Zetkin, présidente du Secrétariat international des femmes socialistes, d’instaurer une journée des femmes afin de défendre les droits des femmes et d’obtenir le droit de vote. Approuvée à l’unanimité par les déléguées des 17 pays présents, cette résolution de Copenhague, sera suivie de la Journée internationale des femmes, célébrée la première fois le 19 mars 1911 en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse.
Annuléé pendant la Première Guerre mondiale, la Journée des femmes trouve un nouveau départ en Russie le 8 mars 1917 (23 février dans le calendrier russe), à Saint-Pétersbourg (alors nommé Pétrograd) avec des manifestations d’ouvrières qui réclament du pain et le retour des hommes du front.
Il faudra attendre 1977, pour que l’Organisation des Nations unies (ONU) adopte une résolution invitant chaque pays de la planète à consacrer la journée du 8 mars à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale.
Ces droits revandiqués sont :
- le droit de vivre libre de toute violence et discrimination,
- le droit au meilleur état de santé physique et mentale possible,
- le droit à l’éducation,
- le droit à la propriété,
- le droit de voter
- le droit à un salaire égal.
Le 8 mars est donc une journée de rassemblements à travers le monde et l’occasion d’événements visant à fêter les victoires et les acquis, faire entendre les revendications, et améliorer la situation des femmes.
Il est une jolie tradition en Italie, celle d’offrir à cette occasion du mimosa. Dans ce pays, la fleur symbolise la lutte pour la parité des genres, depuis 1946, lorsque l’assemblée de l’UDI (Union des femmes italiennes) l’a choisie pour son faible coût, élément fondamental au lendemain de la seconde guerre mondiale, mais aussi parce que cette fleur fleurit en mars et parvient à croitre sur des terrains difficiles.
Chaque année, l’organisation des Nations Unies adopte un thème différent et c’est pour 2024 : « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme », avec cinq axes à étudier :
- Investir en faveur des femmes : une question de droits humains
- Mettre fin à la pauvreté
- Mettre en œuvre un financement tenant compte des genres
- Passer à une économie verte et une société de soins
- Soutenir les agents du changement féministe
Dans ce combat des inégalités, l’école a un rôle crucial à jouer. La DEPP ( Direction de l’Evaluation de la Prospective et de la Performance) recense les inégalités professionnelles et salariales entre les femmes et les hommes. Elle réunit une série de données statistiques sur la réussite comparée des filles et des garçons depuis l’école jusqu’à l’entrée dans la vie active. C’est éloquent.
- Taux de réussite au DNB (diplôme national du brevet) : 94 % pour les filles et 87 % pour les garçons
- Part des bacheliers dans une génération : 92 % pour les filles et 82 % pour les garçons
- Part des sortants diplômés de master et plus : 31 % pour les filles et 22 % pour les garçons
- Taux d’emploi des diplômés de master : 74 % pour les filles et 81 % pour les garçons
et si le sujet vous intéresse, voyez vous même cet article du ministère de l’éducation nationale
Pour que, progressivement, les stéréotypes s’estompent et que d’autres modèles de comportement se construisent sans discrimination sexiste ni violence, l’éducation dans les familles d’abord puis à l’école, doit transmettre sans ambiguïté cette valeur d’égalité entre les filles et les garçons dans le respect mutuel.
En France, on retiendra le 8 mars 2024, pour l’entrée de la « liberté garantie » de recourir à l’IVG dans la Constitution française avec une cérémonie officielle et rare, ouverte au public, la cérémonie de scellement avec la pose du sceau sur la constitution française. Les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles le lundi 4 mars avaient voté l’inscription de « la liberté » de recourir à l’IVG dans la Constitution, faisant de la France le premier à pays à le faire de manière aussi explicite.
Je laisse maintenant la conclusion aux 39 chanteuses se sont réunies le temps d’une vidéo pour interpréter l’hymne du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) : Debout les femmes !
