
Écrire un roman historique exige de trouver l’équilibre entre la vérité et la fiction. Il est question de doser et de combiner rigueur des recherches et liberté du romancier.
Se documenter, vérifier les faits, veiller à la cohérence chronologique est une façon de se plonger dans l’Histoire qui me passionne. En classe, l’histoire n’était pas ma matière préférée, aujourd’hui avec l’écriture elle m’attire.
La recherche d’authenticité permettra l’immersion du lecteur. La documentation est un travail préparatoire indispensable à ce type d’écriture, elle en est le socle. Journaux anciens, lettres, procès-verbaux, textes de loi, archives, ouvrages historiques, folkloriques, publications généalogique, sont des sources qui vont nourrir l’écriture. Parfois même on s’engouffre dans les recherches et l’on ne sait plus quand s’arrêter, on reporte l’écriture. Il arrive même que cela soit une procrastination déguisée.

Il est une obsession qui pousse l’auteur de roman historique à toujours vérifier ce qu’il pose sur le papier, c’est la peur de l’anachronisme.
Introduire dans son texte un objet, un mot, une pensée, un personnage, qui n’existait pas à l’époque choisie est l’erreur tant redoutée que les lecteurs avertis repéreraient vite.
Il ne s’agit pas de transformer le récit en un cours d’Histoire. Savoir doser l’information et la mêler à la fiction permettra au lecteur de réellement vivre l’intrigue. Toutes les connaissances accumulées, à propos de l’époque où des personnages choisis, ne seront pas retranscrites mais elles transpireront à travers le texte. Flaubert disait : « Je veux que l’érudition ne se sente pas. » Le manuel d’Histoire vous explique les faits, le roman historique vous invite à les ressentir.
Le romancier historique vous prend par la main pour entrer dans un monde passé.
Cet auteur ment au milieu de la vérité. Il invente une histoire tout en restituant avec fidélité le contexte, l’esprit d’une époque, jusqu’à laisser croire que tout a existé. Voilà où je trouve le plaisir d’écrire.
